Fenêtre sur l’UNESCO #7

Actions pour le développement durable, intelligence artificielle pour la planète et nouvelle ère pour la radio, quelles ont été les actualités de l’UNESCO ces dernières semaines ? 

 

 L’UNESCO lance la campagne “Trash Hack” dans les écoles

Engagée pour le développement durable comme toutes les agences des Nations unies, l’UNESCO lance la campagne “Trash Hack” dans les écoles pour sensibiliser et agir pour le développement durable à travers des actions visant la gestion des déchets

Selon les chiffres des Nations unies, chaque année nous produisons plus de 2 milliards de tonnes de déchets, dont près de 400 millions de tonnes de déchets plastiques. La pollution par le plastique impacte tout particulièrement la santé des océans. D’après les études menées en la matière, si nos habitudes de consommation n’évoluent pas, d’ici 2050 il y aura plus de plastique dans les océans que d’animaux y vivant.

Les océans occupent plus de 70% de la surface de la Terre et absorbent plus de 30% des émissions de dioxyde de carbone produites par les humains. Néanmoins, selon le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), 40% des zones océaniques sont très fortement affectées par la pollution

L’Objectif pour le Développement Durable 14 dédié à la vie aquatique est très loin d’être atteint. Si rien ne change, il faudra en 2050 l’équivalent de trois planètes Terre pour permettre aux humains de vivre. 

Néanmoins, l’UNESCO rappelle sans cesse l’importance cruciale de l’éducation. Elle dispose d’un potentiel immense pour faire évoluer nos sociétés contemporaines et changer notre relation avec le monde naturel qui nous entoure

 

La campagne mondiale UNESCO Trash Hack a été pensée pour trouver des solutions quotidiennes en matière de gestion des déchets et pour les partager afin d’agir ensemble, de renforcer les connaissances mondiales et d’inciter au changement pour assurer à tous un mode de vie durable

Parce que les enseignants sont « les agents du changement », l’UNESCO a organisé le webinaire « Trash Hack : Éduquer au développement durable par l’action ». Cette rencontre virtuelle a permis le lancement de la campagne Trash Hack auprès des enseignants du monde entier pour les inviter à se mobiliser auprès des jeunes en faveur d’une prise de conscience et d’actions concrètes pour sauver l’environnement. 

Visionner le webinaire (vidéo avec traduction en français) 

Retrouvez le guide complet pour les enseignants (en pdf en anglais) 

Les enseignants et élèves souhaitant participer sont invités à partager leurs idées, leurs initiatives ou encore des photos de leurs projets et réalisations avec l’UNESCO. Plus d’informations ici

Enfin, les avancées portées par ce projet seront présentées par l’UNESCO aux dirigeants et décideurs politiques du monde au mois de mai 2021 à l’occasion la Conférence mondiale sur l’éducation au développement durable

 

Le saviez-vous … un continent de déchets ? 

Il y a quelques années, l’opinion publique mondiale avait été alertée par certains scientifiques et médias de l’existence du vortex de déchets du Pacifique, également connu comme étant le “septième continent” ou encore les “Trash Islands”

En 1997, le capitaine et océanographe américain Charles Moore a découvert une zone de l’océan Pacifique où des milliers de déchets s’accumulent. Il décrivit cette zone comme étant le “Great Pacific Garbage Patch”. Il a depuis souligné de nombreuses fois l’importance de sa découverte, notamment à l’occasion d’une conférence TED donnée en 2009

Située au nord-est de l’océan Pacifique, entre l’île d’Hawaï et le Japon, cette zone est constituée de millions de tonnes de déchets portés et piégés par les courants océaniques. Plus précisément, ces déchets circulent grâce à des gyres océaniques, tourbillons immenses d’eau formés par les courants marins.  

Même si l’existence de ce “septième continent” est de plus en plus étudiée et médiatisée, plusieurs idées préconçues doivent être écartées. 

  • Le vortex du Pacifique n’est pas le seul amas de déchets identifié dans les océans du monde. En revanche, il est de loin le plus important du fait de sa taille qui dépasse aujourd’hui les 3 millions de kilomètres carrés, soit le tiers de la superficie de l’Europe ou six fois celle de la France. 
  • Ce “septième continent” n’est pas détectable par satellite. Il ne s’agit pas d’un amas de millions de bouteilles plastiques agglomérées et flottant à la surface de l’océan. Au contraire, ce “continent” est formé de milliards de micro-plastiques translucides situés juste sous la surface et s’enfonçant jusqu’à trente mètres de profondeur. 

 

Pour aller plus loin ! 

Pour approfondir cette thématique, notamment avec des scolaires, la Cité des sciences et de l’industrie a centralisé une série de ressources accessibles gratuitement en ligne. Retrouvez-les ici

Quelques exemples d’associations et de fonds de dotation pour en savoir plus : 

  • la Fondation Tara Océan à l’origine de la mission Microplastiques 2019 qui avait pour but d’effectuer un traçage des voies de pollution marine dans le monde
  • la Plateforme Océan et Climat (POC) qui rassemble plus de 80 membres (instituts de recherche, ONGs, aquariums, secteur privé, etc) qui se mobilisent ensemble pour améliorer la santé des océans et protéger le climat 
  • le fonds de dotation Pure Oceans qui soutient des projets de recherches innovants contribuant à la protection des écosystèmes marins et de la biodiversité 

 

Nouvelle ère pour la radio 

 

Depuis 2012, le 13 février est consacré à la Journée mondiale de la radio (JMR). La radio est le média le plus utilisé dans le monde et son importance ne semble pas décroître dans le contexte pandémique. 

En cette période de crise sanitaire, le thème choisi pour les célébrations était « Nouveau Monde, Nouvelle Radio ». Les événements y correspondant étaient organisés pour mettre l’accent sur trois sous-thèmes : 

  • ÉVOLUTION pour souligner la résilience de la radio, média dont la pérennité est indéniable en ce qu’il est capable d’évoluer pour s’adapter au monde qui change 
  • INNOVATION pour rappeler les adaptations que la radio a réussi à mettre en place pour rester un média de mobilité à l’époque du développement des nouvelles technologies 
  • CONNEXION pour souligner le rôle de partage et de mise en relation que joue la radio dans le monde 

À cette occasion, l’UNESCO a insisté sur l’immense capacité d’adaptation de la radio en cette période de crise. De fait, cette voie de diffusion de l’information a, entre autres, permis de promouvoir les gestes barrières et de lutter contre la circulation de fausses informations mais aussi d’assurer la continuité pédagogique dans certaines parties du monde ou encore de renouveler l’accès à la culture. 

De même, l’UNESCO a rappelé l’importance de la radio en tant que “plate-forme pour le discours démocratique” tout en soulignant que la radio est également un formidable instrument de promotion de la diversité. 

La Directrice générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, a également rappelé que l’information est un “bien public” dont l’accès doit être le plus large possible. Pour fêter cette Journée mondiale, elle a déclaré : « Plus que jamais, nous avons besoin de ce média universel, ce média humaniste, porteur de liberté. Sans la radio en effet, le droit à l’information, la liberté d’expression, et avec elle les libertés fondamentales, seraient affaiblis ; la diversité culturelle aussi, tant les radios communautaires sont les voix de ceux qui n’en ont pas. ». 

 

L’intelligence artificielle au service de la planète ! 

Le 16 février 2021 a eu lieu la conférence mondiale “L’IA pour la planète”. Cette réunion organisée par l’UNESCO a réuni de nombreux experts de l’intelligence artificielle (IA) pour permettre la présentation de solutions innovantes pour lutter contre le changement climatique.

Pour ce faire, les participants ont mis en avant de nombreuses utilisations de l’IA pour agir pour la protection du climat mais aussi pour la conservation de la nature et de la biodiversité ou encore pour la gestion des déchets et la diminution de la pollution. 

À cette occasion, l’UNESCO a précisé que l’exploitation d’innovations issues de l’IA pourrait permettre d’atteindre plus rapidement la durabilité planétaire et ainsi de lutter efficacement pour protéger la planète. À titre d’exemple, certains des experts présents estiment qu’entre 10 et 20% des objectifs de décarbonation pourraient être atteints grâce aux technologies numériques

En savoir plus

 

Renouvellement de l’initiative UNESCO Green Citizens :

Une voix globale pour des acteurs locaux du changement ! 

 

En 2015, l’initiative UNESCO Green Citizens avait été lancée pour mettre à l’honneur des actions positives pour la planète en profitant de l’importante médiatisation de la COP21 qui se déroulait à Paris. 

 

Cette initiative consiste à soutenir à travers le monde les actions de femmes et d’hommes considérés comme des “éclaireurs du changement” illustrant l’engagement citoyen en faveur d’un avenir meilleur. Grâce à cette initiative, l’UNESCO met en lumière des initiatives pour la planète dans des domaines d’action clés pour l’environnement comme la biodiversité, la protection des océans ou encore l’éducation au développement durable. 

En 2015, parmi les huit projets retenus par l’UNESCO figuraient la promotion et la transmission des savoir autochtones au Nicaragua, l’engagement pour une pêche durable en Bretagne en France ou encore la plantation de la “Grande muraille verte” pour lutter contre la désertification du Sahel au Sénégal

Pour partager ces projets, une exposition photographique itinérante a été créée et a été diffusée à travers le monde. Aujourd’hui, l’UNESCO renouvelle l’initiative Green Citizens pour mettre en avant des acteurs du changement en faveur de la protection de la planète. Vous pouvez retrouver l’intégralité de ces projets sur la plateforme virtuelle spécifiquement dédiée et sur les réseaux sociaux avec le #UNESCOGreenCitizens

Présentation vidéo de l’initiative UNESCO Green Citizens  

 

Le saviez-vous ? 

La Conférence de Paris, la planète respire” ou “COP21” désigne la réunion de 196 États en France pour négocier un accord majeur sur le changement climatique. 

Il s’agit de la vingt-et-unième réunion annuelle des États parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) adoptée au cours du Sommet de la Terre de Rio de Janeiro en 1992. Il s’agit également de la onzième réunion des États parties au protocole lié à la CCNUCC dit “Protocole de Kyoto sur les émissions de gaz à effet de serre”, adopté en 1995. 

La COP21 est entrée dans l’Histoire grâce à l’adoption le 12 décembre 2015 de l’Accord de Paris sur le climat ou Accord international sur le climat. Par celui-ci, les États se sont engagés à maintenir l’augmentation de la température mondiale en dessous de 2 degrés par an puis de la limiter à 1,5 degré. Entré en vigueur le  4 novembre 2016, l’Accord de Paris a été ratifié par 55 États représentant 55 % des émissions de gaz à effet de serre dans le monde.

 

Dans les semaines à venir la Fédération vous invite à garder un œil sur … 

Pour célébrer la Journée internationale des femmes et des filles de science, la Fédération Française des Clubs pour l’UNESCO organise pour sa part une rencontre avec Annabelle Kremer-Lecointre, auteure de l’ouvrage Femmes de science. À la rencontre de 14 chercheuses d’hier et d’aujourd’hui qui paraîtra le 5 mars prochain aux éditions La Martinière Jeunesse. Elle présentera son travail le 11 mars 2021 au siège de la Fédération dans le XIIème arrondissement de Paris accompagnée de la scientifique Patricia Wills. Cette rencontre sera également accessible en ligne pour respecter les mesures sanitaires.