Fenêtre sur l’UNESCO #6

Recherches sur les bactéries ,  réunion annuelle du Comité  sur la diversité des expressions culturelles et Global Sports Week ,  quelles ont été les actualités de l’UNESCO ces dernières semaines ? 

 

L’UNESCO met en place des cours en ligne gratuits sur la liberté d’expression et la sécurité des journalistes

Comme nous l’avons évoqué à plusieurs reprises dans la rubrique Fenêtre sur l’UNESCO, l’UNESCO s’engage depuis de nombreuses années pour la protection de la liberté d’expression et des journalistes à travers le monde. Néanmoins, les atteintes à ce droit fondamental et à la sécurité des journalistes se multiplient dans un climat d’impunité plus que jamais grandissante. 

L’UNESCO a lancé à la fin du mois de janvier une série de cours en ligne pour sensibiliser à la liberté d’expression et à la sécurité des journalistes. Gratuits et librement accessibles en ligne, ces cours sont mis en place par l’UNESCO et divers partenaires parmi lesquels d’autres agences des Nations unies mais aussi des États, des organisations de la société civile et des universités du monde entier. 

Ces cours permettent de s’auto-former sur des sujets d’actualité tels que : 

  • le rôle du journalisme dans l’apparition et la propagation de fausses informations relatives au COVID-19 
  • les défis juridiques pour préserver l’accès à l’information au cours de périodes marquées par des mesures restrictives visant à lutter contre la pandémie 
  • les effets des nouvelles technologies sur le journalisme 

Destinés aux journalistes, aux juges et opérateurs judiciaires, aux membres des communautés académiques mais également à des organisations de la société civile et à des particuliers, ces cours constituent des ressources précieuses pour protéger la liberté d’expression . N’hésitez pas à les suivre si ces thématiques vous intéressent ! 

Suivre les cours en ligne de l’UNESCO sur la liberté d’expression et la protection des journalistes dans le monde

 

Le saviez-vous ? 

Par un communiqué de presse du 26 janvier 2021, la Directrice générale de l’UNESCO a fermement condamné l’assassinat du journaliste éthiopien Dawit Kebede, abattu d’un balle dans la tête aux côtés d’une autre personne à Mekelle, capitale de la région du Tigré. Comme à son habitude l’UNESCO demande l’ouverture et la tenue d’une enquête pour que cette mort ne reste pas impunie malgré le conflit armé qui frappe cette région du pays depuis le début du mois de novembre 2020. 

Plan d’action des Nations unies sur la sécurité des journalistes et la question de l’impunité

 

Diversité des expressions culturelles,  culture, création et Covid-19

Le Comité sur la diversité des expressions culturelles de l’UNESCO s’est réuni pour sa session annuelle la semaine dernière, du 1er au 6 février. Présidée cette année par Park Yang-Woo, Ministre coréen de la Culture, des Sports et du Tourisme, cette session s’est déroulée exclusivement en ligne. 

À cette occasion, les membres du Comité ont étudié en détail les répercussions de la crise sanitaire du COVID-19 sur les industries culturelles et créatives. Comme l’UNESCO le rappelle régulièrement, ces secteurs souffrent particulièrement de la crise et pourraient subir de très lourdes conséquences dont certaines seraient irréversibles. Les membres du Comité ont également discuté des résultats obtenus par le projet mondial ResiliArt de l’UNESCO destiné à donner la parole aux artistes dans le monde pour qu’ils partagent leur vision de la crise sanitaire ainsi que les difficultés auxquelles ils font face. 

Les participants du monde entier ont salué le début de l’année internationale de l’économie créative pour le développement durable et ont réaffirmé l’importance cruciale des secteurs culturels et créatifs dans nos sociétés contemporaines. lls ont également salué l’engagement de l’UNESCO qui depuis des années promeut ce secteur au sein et en dehors du système des Nations unies. 

 

Le saviez-vous ? 

La Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles a été adoptée à Paris le 20 octobre 2005 lors de la 33ème session de la Conférence générale de l’UNESCO. Elle est entrée en vigueur en 2007. 

Avec cette convention, les États affirment que « la diversité culturelle est une caractéristique inhérente à l’humanité » qui constitue « un patrimoine commun de l’humanité »

Ce traité a été adopté dans un contexte de mondialisation croissante qui faisait craindre l’affaiblissement du secteur culturel dans le monde au profit d’une économie mondiale écrasante et dominée par un groupe très restreint d’États. Largement soutenue par la France, cette convention permet d’affranchir la culture des règles classiques du commerce international. 

Comme plusieurs conventions adoptées au sein du système des Nations unies, le texte même du traité prévoit à l’article 23 la mise en place d’un comité intergouvernemental. Celui-ci est chargé de surveiller l’application des dispositions adoptées en promouvant les objectifs de la convention et en assurant le suivi de sa mise en œuvre. Il se réunit chaque année lors d’une session ordinaire.

Ce comité est composé de vingt-quatre membres issus de vingt-quatre États parties élus pour quatre ans lors de la Conférence des Parties au cours de laquelle tous les États engagés se retrouvent tous les deux ans pour prendre des décisions. Actuellement parmi les membres du Comité figurent l’Autriche, le Canada, le Danemark, la Finlande, l’Azerbaïdjan, la Croatie, l’Argentine, le Brésil, le Mali, le Kenya, l’Éthiopie ou encore l’Egypte et l’Irak. 

 

 

Esperanza Martínez-Romero : la science comme porte sur le progrès et la connaissance du monde 

Esperanza Martínez-Romero, l’une des lauréates du Prix L’Oréal-Unesco pour les femmes et la science 2020 a accordé un entretien à l’UNESCO pour partager sa vision des sciences et appeler à un large partage des connaissances scientifiques à travers le monde entier. 

Retrouver cet entretien en vidéo 

Scientifique brillante, elle rappelle que la nature est une source inépuisable de découvertes mais aussi d’espoir et d’inspiration. Ses travaux novateurs contribuent depuis des années au développement d’une nouvelle approche de la recherche sur les microbes et leur utilisation pour l’agriculture. 

« Nous vivons tous en symbiose avec des microbes mais ils ont été négligés dans presque tous les écosystèmes. La recherche sur le microbiote n’a changé de paradigme que récemment. » Esperanza Martínez-Romero

Née au Mexique en 1957 au Mexique, Esperanza Martínez-Romero est une scientifique reconnue dans le domaine des sciences de l’environnement. Chercheuse à l’Institut national de la recherche agronomique du Mexique, elle est l’une des pionnières en matière d’utilisation de bactéries respectueuses de l’environnement pour favoriser la croissance des plantes. Elle est notamment à l’origine de découvertes très importantes sur le rôle des bactéries fixatrices de l’azote dans l’augmentation du rendement agricole.  

Autrement dit, Esperanza Martínez-Romero travaille pour améliorer la santé des végétaux sans produits chimiques. Ses découvertes pourraient permettre d’augmenter la productivité agricole pour assurer la sécurité alimentaire mondiale tout en protégeant l’environnement en provoquant le recul progressif des engrais et fertilisants synthétiques. 

Pour ces raisons, son travail contribue à la réalisation progressive des Objectifs du Développement Durable 3, 12 et 15 à savoir : la bonne santé et le bien-être, la consommation et la production responsables et la vie terrestre. 

 

Le saviez-vous ? 

Créé en 1987 par l’UNESCO et l’entreprise L’Oréal, ce prix récompense chaque année des chercheuses dont les contributions scientifiques sont considérables dans les domaines des sciences de la vie et de la matière

Depuis 2000, ce prix est décerné chaque année à cinq chercheuses, une pour chaque continent, pour leurs contributions aux avancées scientifiques. Cette année, ont été récompensées Esperanza Martínez-Romero (Mexique), Abla Mehio Sibai (Liban), Kristi Anseth (États-Unis), Firdausi Qadri (Inde) et Edith Heart (Royaume-Uni). 

Au cours des vingt dernières années, cinq chercheuses récompensées par le ce prix ont ensuite reçu un Prix Nobel. Parmi elles se trouvent les deux scientifiques récompensés par le Prix Nobel de Chimie en 2020, la française Emmanuelle Charpentier et l’américaine Jennifer Doudna

 

Pour aller plus loin … 

Le 11 février 2021 prochain sera célébrée la Journée internationale des femmes et des filles de science. Instaurée le 22 décembre 2015 par l’Assemblée générale des Nations unies avec la Résolution 70/212, cette journée vise à mettre en avant la place des femmes dans le secteur des sciences. 

En savoir plus sur cette journée internationale 

Cette année les célébrations s’articuleront autour de la thématique « Les femmes scientifiques à la pointe de la lutte contre la COVID-19 ». Les échanges promettent d’être particulièrement intéressants puisque même si la pandémie démontré le rôle critique des femmes chercheuses dans le développement de la lutte contre le coronavirus, la pandémie a également comme conséquence l’accroissement des inégalités sexuelles dans le domaine scientifique où elles sont déjà significatives. 

 

L’UNESCO soutient la Global Sports Week ! 

Du 1er au 5 février 2021 s’est déroulée la seconde édition de la Global Sports Week sous le Haut Patronage du Président de la République française, Monsieur Emmanuel Macron, et le patronage de l’UNESCO. Cette année les interventions et échanges étaient articulés autour de la thématique « Pour une économie du sport innovante et durable – réinvention en action »

En savoir plus sur le soutien apporté par l’UNESCO à la Global Sports Week 

 

Créé en 2019 pour remplacer le Sport Innovation Summit Paris, la Global Sports Week a vocation à réunir une fois par an de nombreux acteurs du monde du sport tels que des sportifs de haut niveau, des organisations sportives mais aussi des institutions et des entreprises. L’année dernière, la première édition de la Global Sports Week avait réuni 200 participants venus de 70 pays autour de plus d’une cinquantaine d’intervenants. 

Pour l’édition 2021, la Global Sports Week a été organisée sous un format hybride. De fait, pour s’adapter et répondre aux défis posés par la situation sanitaire actuelle, les organisateurs de la Global Sports Week ont mobilisé de nombreuses ressources. Ils ont choisi de mettre en place un forum multi-pays unique réunissant plus de 10 000 participants grâce à une plateforme virtuelle exclusivement dédiée liant le hub principal de Paris et cinq hubs régionaux à Tokyo, Pékin, Dakar, Milan et Los Angeles.  

 

Parmi le personnalités qui se sont exprimées à l’occasion de cet évènement : 

  • Roxana Maracineanu, Championne de natation aux multiples titres mondiaux et olympiques, Ministre déléguée chargée des Sports auprès du Ministère de l’Éducation nationale, de la Jeunesse et des Sports 
  • Gerard Piqué, Joueur du FC Barcelona, Fondateur & Président de Kosmos 
  • Karina LeBlanc, Ancienne internationale canadienne de football (soccer), Responsable du football féminin et légende de la FIFA de CONCACAF 
  • Christophe Dubi, Directeur exécutif des Jeux Olympiques, CIO 

 

Lors de cette semaine, l’UNESCO a été représentée par Madame Gabriela Ramos, Sous-Directrice générale pour les sciences sociales et humaines de l’UNESCO. Elle est intervenue pour échanger avec d’autres intervenants autour de la thématique « Des enfants aux citoyens : la place du sport dans l’éducation » le 3 février 2021. Ce fut pour elle l’occasion de rappeler l’importance de l’éducation sportive pour les enfants en période de pandémie ainsi que l’engagement de l’UNESCO en la matière. 

Dans une période de bouleversements inédits, les réflexions menées sur le sport et son écosystème revêtent une importance singulière pour concevoir la nouvelle ère du sport à venir. Les contributions de tous les participants sont particulièrement importantes pour la France puisque Paris accueillera les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024 et la Coupe du Monde de Rugby 2023

Suivre les actualités du monde du sport à travers la Global Sports Week : 

@GSWParis #GSWParis #FutureofSport 

 

Dans les semaines à venir la Fédération vous invite à garder un œil sur … 

À l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science, célébrée le 11 février prochain, l’UNESCO organise un Webinaire le 11 février de 13h à 15h qui réunira des expert.e.s du monde entier travaillant dans des domaines liés à la lutte contre la pandémie de Covid-19. La conférence sur « Les femmes de science à l’avant-garde de la recherche sur la COVID 19 » sera suivie d’une Table ronde consacrée à l’étude de « L’impact de la COVID-19 sur la recherche et la carrière scientifique des femmes de science »

Retrouvez le programme du webinaire et inscrivez-vous pour y participer ici

Pour célébrer cette journée, la Fédération Française des Clubs pour l’UNESCO organise pour sa part une rencontre avec Annabelle Kremer Lecointre, auteure de l’ouvrage Femmes de science. À la rencontre de 14 chercheuses d’hier et d’aujourd’hui qui paraîtra le 5 mars prochain aux éditions La Martinière Jeunesse. Elle présentera son travail le 11 mars 2021 au siège de la Fédération dans le XIIème arrondissement de Paris accompagnée de la scientifique Patricia Wills. Cette rencontre sera également accessible en ligne pour respecter les mesures sanitaires. 

 

ZOOM SUR LES CLUBS 

Les Chemins Buissonniers présentent la conférence-spectacle « Objectif Prix Nobel »

La Journée internationale des femmes et filles de sciences sera également célébrée à Toulouse par le Club UNESCO « Les Chemins Buissonniers ». Le 8 mars 2021 ce club accueillera la conférence-spectacle « Objectif Prix Nobel » de la compagnie « Les Laborateur-trices », présentée par Eugénie Soulard et Claire Moutou, respectivement comédienne et astrophysicienne. Ensemble, elles retraceront l’histoire de grandes découvreuses dont les travaux et découvertes ont été spoliés. 

Rendez-vous le 8 mars 2021

28 Rue de Gironis à Toulouse 

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