Fenêtre sur l’UNESCO #5 : Édition Spéciale Éducation

 

ÉDITION SPÉCIALE ÉDUCATION 

Nations unies, éducation et crise sanitaire mondiale 

Pour les Nations unies, l’évolution des sociétés actuelles vers des modèles plus durables ne peut s’effectuer sans le concours d’une éducation mondiale inclusive, sûre et durable. Pourtant, malgré des progrès significatifs au cours des quinze dernières années, l’éducation a été très sévèrement touchée par la pandémie mondiale de Covid-19 qui a perturbé la vie de plus de 1,6 milliards d’apprenants dans le monde

À l’occasion de la Journée internationale de l’éducation, nous vous proposons d’explorer la thématique de l’éducation au sein du système des Nations unies dans cette édition spéciale de la rubrique Fenêtre sur l’UNESCO. 

Selon les Nations unies, plus de 258 millions d’enfants ne sont pas scolarisés dans le monde alors qu’un cinquième d’entre eux sont en âge d’étudier en primaire. À l’échelle mondiale, plus de 617 millions de jeunes et d’adolescents ne savent ni lire ni effectuer des calculs élémentaires. 

 

Les Nations unies et l’éducation dans le monde 

La Journée internationale de l’éducation, célébrée le 24 janvier 2021, était cette année consacrée à la thématique « Relancer et redynamiser l’éducation pour la génération COVID-19 ». Instaurée par la Résolution 73/25 de l’Assemblée générale des Nations unies du 3 décembre 2018, cette journée célèbre le rôle de l’éducation  pour la paix et le développement dans le monde en tant que « pilier du bien-être humain et du développement durable ». L’édition 2021 revêt une importance singulière du fait du contexte sanitaire exceptionnel que nous connaissons actuellement. 

Bien que cette journée permette aux Nations unies de célébrer et promouvoir l’éducation dans le monde, les ambitions et les actions onusiennes ne se limitent pas à la seule célébration de ce rendez-vous annuel. De fait, de nombreux exemples peuvent illustrer la place centrale qu’occupe l’éducation dans le système des Nations unies. L’un des plus emblématiques d’entre eux est la création de l’UNESCO en 1946

 

Le saviez-vous ? 

Le 28 mai 2020, l’Assemblée Générale des Nations unies a proclamé le 9 septembre “Journée internationale pour la protection des écoles contre les attaques”. À travers l’adoption unanime de la Résolution 74/275, l’Assemblée Générale a montré qu’elle prenait en compte la situation de millions d’enfants privés d’éducation à cause de la pandémie de Covid-19. Cette journée de mobilisation a également été pensée pour lutter contre les atteintes portées à l’éducation depuis des années et en dehors du contexte sanitaire actuel en particulier par les conflits armés.  

 

Un droit fondamental

Selon les Nations unies, l’éducation est « un droit humain, un bien public et une responsabilité publique » indispensable pour la paix et le développement dans le monde. 

En 1946, le préambule de l’Acte constitutif de l’UNESCO atteste de la place centrale accordée à l’éducation. À travers cette convention les États signataires ont déclaré que la dignité de l’homme exige « la diffusion de la culture et l’éducation de tous en vue de la justice, de la liberté et de la paix » et ils ont assuré être « résolus à assurer à tous le plein et égal accès à l’éducation, la libre poursuite de la vérité objective et le libre échange des idées et des connaissances »

Les Nations unies rappellent régulièrement que l’éducation est un droit fondamental protégé par divers instruments juridiques internationaux. Parmi les plus importants : 

 

En dehors de ces instruments juridiques, le droit à l’éducation fait l’objet de nombreux engagements mondiaux comme l’illustrent la Déclaration d’Incheon : Éducation 2030 adoptée en mai 2015 à l’occasion du Forum mondial sur l’Éducation ou encore le Cadre d’action pour l’éducation 2030 adopté en novembre 2015 par des États membres des Nations unies. 

 

Pour aller plus loin …  

Il existe au sein des Nations unies plusieurs Rapporteurs spéciaux nommés pour examiner des thématiques particulièrement importantes en matière de droits fondamentaux telles que le droit à l’alimentation, la lutte contre la torture, la lutte contre le terrorisme ou encore la liberté d’expression. Ce sont des experts internationaux indépendants qui étudient divers domaines thématiquement et/ou géographiquement, effectuent des visites dans les États et peuvent formuler des recommandations aux États et aux diverses parties prenantes pour une meilleure protection des droits fondamentaux. 

Depuis 1998, le Conseil des droits de l’homme nomme tous les trois ans un Rapporteur Spécial sur le droit à l’éducation. Le poste de Rapporteur spécial est occupé depuis 2016 par Madame Koumbou Boly Barry (Burkina-Faso) dont le mandat a été reconduit en juillet 2020Elle a réalisé avec l’UNESCO en décembre 2020 un entretien dans lequel elle explique ses missions pour promouvoir et protéger le droit à l’éducation. Vous pouvez le retrouver ici

 

Éducation et développement durable : un lien indéfectible 

Les Nations unies reconnaissent un lien indéfectible entre éducation et développement. Celui-ci est parfaitement illustré par l’Objectif n°4 des Objectifs du Développement Durable (ODD) des Nations unies relatif à l’accès à une éducation de qualité dans le monde entier

Ce lien est régulièrement mis en avant par les États au sein de l’Assemblée générale des Nations unies comme le montre par exemple la Résolution 72/222 du 20 décembre 2017 intitulée « L’éducation au service du développement durable dans le cadre du Programme de développement durable à l’horizon 2030 ». Il est également important de rappeler que la décennie 2005-2014 était la Décennie des Nations unies pour l’éducation au service du développement durable.

 

L’éducation à l’épreuve de la crise sanitaire mondiale 

L’éducation pour tous les enfants, jeunes et adolescents dans le monde n’était pas acquise avant la crise. Au début de l’année 2020, l’UNESCO appelait une fois de plus à une prise de conscience mondiale sur l’état de l’éducation dans le monde en insistant sur l’importance et l’urgence de repenser les systèmes scolaires actuels

Néanmoins, la crise sanitaire perturbe très gravement l’éducation dans le monde. Selon l’UNESCO, en avril 2020, 190 États avaient fermé totalement leurs établissements scolaires. En janvier 2021, 30 États n’ont toujours pas ré-ouvert leurs écoles même partiellement. L’UNESCO a récemment rendu accessible en ligne une carte interactive permettant de prendre connaissance des durées de fermeture des établissements scolaires dans le monde au cours des derniers mois. Sur celle-ci, la France figure parmi les rares États à avoir fermé au plus 10 semaines leurs établissements scolaires aux côtés notamment de la Norvège, la Finlande, la Papouasie-Nouvelle-Guinée et la Nouvelle Zélande. 

Bien que les problématiques auxquelles se trouvent confrontés les enseignants et les apprenants ne soient pas les mêmes dans toutes les parties du monde, partout la crise sanitaire n’a fait qu’accentuer les inégalités. De nombreux États s’étaient engagés, lors de la Réunion mondiale sur l’éducation organisée en octobre 2020 par l’UNESCO, à sanctuariser les budgets de l’éducation mais cette dernière ne recevrait en moyenne que 0,78% des aides gouvernementales pour la gestion de la crise dans le monde.

 

Pour célébrer la Journée internationale de l’éducation, l’UNESCO a organisé un colloque virtuel en collaboration avec le Partenariat mondial pour l’éducation pour discuter des impacts de la pandémie sur l’éducation et présenter des innovations ouvrant la voie à des systèmes éducatifs plus résilients et plus inclusifs. À cette occasion, les intervenants ont appelé les États du monde entier à accroître les financements destinés à l’éducation et à mettre l’accent sur l’éducation dans les efforts de redressement en faisant notamment de l’ouverture des établissements scolaires une priorité

Retrouver le colloque de l’UNESCO pour la Journée internationale de l’éducation

 

Focus : Accroissement des inégalités de genre 

Bien que l’éducation soit un enjeu mondial pour les enfants et les jeunes, d’immenses inégalités de genre existent dans le monde. Ces inégalités tendent à se consolider voire à s’accentuer en conséquence de la pandémie de Covid-19 et des perturbations de l’éducation y étant liées. Selon l’UNESCO, plus de 11 millions de filles risquent de ne pas pouvoir retourner à l’école comme conséquence de la pandémie.

 

ZOOM SUR LES CLUBS 

Cette édition spéciale est l’occasion pour la Fédération de mettre en avant les Clubs du réseau qui s’engagent pour l’éducation. N’hésitez pas à les suivre pour les soutenir ! 

Par le monde

Île-de-France, Paris (75), 14ème arrondissement

Créée en 2013, l’association Par le monde s’engage pour développer auprès des jeunes une utilisation inclusive des nouvelles technologies. Parce que la diversité est une force, ce club oeuvre également pour tisser des liens culturels entre écoliers pour favoriser leur ouverture sur le monde. 

 

Ce que je veux faire plus tard

Île-de-France, Paris (75), 17ème arrondissement

La mission de l’association Ce que je veux faire plus tard est d’accompagner les jeunes dans leurs réflexions sur leurs avenirs. En les aidant à découvrir ce qui les motive durablement, toute l’équipe de l’association se mobilise pour leur permettre de réveiller leurs talents et de devenir acteurs de leur vie.

 

Le Sens de l’école

Île-de-France, Hauts-de-Seine (92), Neuilly-sur-Seine

Ce club promeut une nouvelle approche de l’école auprès des élèves et s’engage en particulier dans la lutte contre le décrochage scolaire. Réalisant des ateliers dans les écoles et les collèges, l’association cherche à faire prendre conscience aux enfants que l’école est une chance et qu’ils y occupent une place centrale. 

Dans le cadre du Festival de l’Apprendre, Le Sens de l’École organise une conférence gratuite en ligne le jeudi 28 janvier 2021 à 18h intitulée « Activer les bons leviers de motivation scolaire ». Pour vous inscrire : https://bit.ly/3sSySFP 

 

Chemins d’enfance

Île-de-France, Hauts-de-Seine (92), Sceaux 

L’association Chemins d’enfance s’engage depuis 2007 pour le mieux-être des enfants en difficulté. En France comme à l’étranger, ce club a mis en place divers projets qui ont permis d’aider plus de 10 000 enfants dans le besoin.

 

Écoutes mes histoires

Centre Val-de-Loire, Loiret (45), Ferrières en Gatinais

Créée en 2009, l’association Écoute mes histoires met le conte au cœur de ses actions. En créant ses propres contes adaptés aux enfants en difficultés scolaires ou souffrant de problèmes de santé comme l’autisme ou la cécité, l’association souhaite leur faire découvrir divers aspects du patrimoine culturel. L’association publie ses propres ouvrages sous forme de kamishibaïs pour les plus jeunes mais également de coffrets culturels et d’albums illustrés adaptés à tous les enfants de la crèche jusqu’à l’école primaire.

 

Merci d’avoir consulté notre rubrique ! À bientôt !