Fenêtre sur l’UNESCO #4

 

Éducation francophone en Afrique, soutien au secteur de la culture et théorie du complot, quelles ont été les actualités de l’UNESCO ces dernières semaines ? 

À l’occasion de la première édition de la rubrique Fenêtre sur l’UNESCO de 2021, nous vous proposons de revenir sur les actions de l’UNESCO en images

 

Plateforme Imaginecole : Créons aujourd’hui l’éducation de demain

Depuis le début de l’année 2020, la pandémie a impacté l’accès à l’éducation de plus de 1,6 milliards d’apprenants. L’UNESCO se mobilise et encourage les efforts des États pour assurer la continuité pédagogique pendant la crise. L’investissement dans l’éducation doit être une priorité dans les politiques de relance.

Le 21 décembre 2020, l’UNESCO a officiellement lancé la plateforme régionale d’apprentissage en ligne Imaginecole destinée à fournir des ressources éducatives à plus de six millions d’élèves francophones en Afrique de l’Ouest.

Mise en place dans le cadre de la Coalition mondiale pour l’éducation, cette plateforme réunit des ressources éducatives de qualité à la disposition d’écoliers de dix pays à savoir le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la Côte d’Ivoire, la Guinée Conakry, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo. 

Créée pour « assurer la continuité pédagogique, mutualiser les ressources éducatives et renforcer les capacités des acteurs impliqués dans l’éducation à distance », cette plateforme devrait permettre le renforcement de l’éducation à distance dans des zones où sa mise en place reste très compliquée. En ce sens,  en plus de réunir et de mettre à disposition des ressources éducatives, la plateforme permet leur impression pour tenter de pallier à la réalité des difficultés de l’éducation à distance en Afrique subsaharienne où 8 élèves sur 10 n’ont pas accès à internet. 

Le développement de cette plateforme est soutenue par divers acteurs tels que le Partenariat mondial pour l’éducation (ou GPE). Ce projet est également soutenu par le gouvernement français, en particulier à travers l’utilisation du Réseau Canopé de l’éducation nationale française mettant à disposition de très nombreuses ressources liées à l’enseignement, à destinations des élèves comme des enseignants. 

 

Pour aller plus loin … qu’est-ce que la Coalition mondiale pour l’éducation ? 

La Coalition mondiale pour l’éducation en réponse au Covid-19 est une plateforme de collaboration et d’échange créée par l’UNESCO en mars 2020 pour protéger le droit à l’éducation dans le monde pendant la pandémie

Réunissant plus de 140 membres issus du système des Nations unies et de la société civile, cette coalition œuvre pour protéger l’enseignement des perturbations liées à la crise du Covid-19 et trouver des solutions pour y remédier.  Parmi les grandes thématiques cristallisant leurs efforts, l’égalité des genres revêt une importance toute particulière. 

 

Soutenir un secteur culturel et créatif résilient : guide de l’UNESCO

Le secteur de la culture n’a pas été épargné par les bouleversements liés à la pandémie de Covid-19. Malgré les annonces gouvernementales de nombreux États visant à soutenir ce secteur, l’UNESCO a récemment affirmé que les conséquences à long terme seraient bien plus dévastatrices que prévu. 

Comme l’a rappelé la Directrice Générale de l’UNESCO, Audrey Azoulay, la force de la culture réside en sa diversité laquelle doit absolument être préservée même en temps de crise majeure comme celle que nous vivons actuellement. 

Persuadée que la promotion d’un secteur culturel et créatif résilient est indispensable, l’UNESCO s’engage depuis le début de la pandémie pour insister sur l’importance de la culture en temps de crise et encourager le soutien de ce secteur par divers acteurs pendant et après la crise. 

En ce sens, l’UNESCO a publié à la fin de l’année 2020 un guide intitulé “Culture en crise : Guide de politiques pour un secteur créatif résilient” qui répertorie un ensemble de bonnes pratiques visant à soutenir ce secteur.  

Conçu comme un “service d’expert‑conseil”, ce guide s’adresse à tous les acteurs (décideurs politiques, dirigeants d’organismes et entreprises culturels, chercheurs et étudiants, etc) cherchant à apporter leur soutien au secteur culturel et créatif. Listant les actions des États membres de l’UNESCO mais aussi de la société civile, ce guide cherche à inspirer des actions similaires dans le monde entier. Ce catalogue d’actions atteste de la formidable force d’innovation et d’adaptation du secteur culturel et créatif ainsi que de ses soutiens. 

Ce guide met également en avant l’importance de la solidarité internationale en matière culturelle. Des efforts sont déjà à noter comme l’illustre l’organisation de la première réunion des ministres de la culture lors du prochain G20 en Italie qui se tiendra à Rome les 30 et 31 octobre 2021. 

Télécharger le guide (en français) 

Pour aller plus loin … le programme ResiliArt de l’UNESCO ! 

Le 4 janvier 2021, le directeur adjoint de l’UNESCO, Ernesto Ottone était l’invité de Marie Sorbier sur France Culture. À cette occasion, il a présenté le Guide de l’UNESCO pour soutenir le secteur créatif pendant la crise. Il a également détaillé les principes fondateurs du programme ResiliArt de l’UNESCO

Écouter l’émission de France Culture  

Lancé en avril 2020 pendant une période de confinement touchant une grande partie du monde, ce programme a été créé pour donner la parole aux artistes touchés par les conséquences de la crise sanitaire. Ernesto Ottone a insisté sur l’importance de faire entendre les voix de ces artistes qui n’étaient pas véritablement visibles malgré les annonces gouvernementales de soutien financier et de plan d’aides leur étant destinés. 

Le mouvement mondial ResiliArt a été rejoint par des centaines de professionnels de la culture du monde entier. Il met en avant les réalités des industries culturelles créatives à travers l’organisation de débats virtuels donnant la parole aux artistes. L’objectif est de sensibiliser à ces réalités mais aussi d’échanger des idées et des bonnes pratiques pour que le secteur culturel et créatif soit plus résilient à la sortie de la crise. 

Depuis le lancement du programme, plus de 230 débats ont été menés dans 116 États à travers le monde avec la participation de plus de 1500 artistes, notamment issus de régions soumises à de fortes restrictions de la liberté d’expression. 

 

Science ouverte et peuples autochtones

Le 15 janvier 2021 l’UNESCO organise une consultation en ligne pour les peuples autochtones sur la Recommandation de l’UNESCO sur une science ouverte. En charge de l’élaboration d’un instrument normatif international sur une science ouverte sous la forme d’une recommandation, l’UNESCO tente de faire avancer les débats malgré le contexte mondial particulièrement difficile. 

Pour garantir une approche équilibrée de la science ouverte, l’UNESCO prend en considération les perspectives de toutes les parties prenantes. Pour cette raison, l’agence organise une série de consultations thématiques en ligne avec des groupes spécifiques de parties prenantes. Cette consultation en ligne pour les peuples autochtones en fait partie. Elle  fournira une plate-forme aux représentants des peuples autochtones pour recueillir leur avis “sur les opportunités, les défis, les besoins et les voies à suivre pour les connaissances autochtones et locales et une science ouverte”

Le 27 octobre 2020 le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme, l’UNESCO et l’OMS ont lancé un appel commun pour la science ouverte. À cette occasion, Michelle Bachelet, Audrey Azoulay et Tedros Adhanom Ghebreyesus ont mis en avant le pouvoir de la coopération scientifique et de la diplomatie dans le domaine des sciences pour unir les nations du monde. 

Alors qu’avant la pandémie une publication scientifique sur quatre était librement accessible, des efforts considérables ont été réalisés en matière de coopération scientifique dans le contexte de lutte mondiale contre le Covid-19. Néanmoins, il est nécessaire de continuer en ce sens pour rendre la science plus accessible, plus transparente et en définitive plus effective. De plus, une science plus ouverte permettrait de  renforcer la confiance en et au sein de la communauté scientifique. Elle devrait également aider à lutter contre la prolifération de fausses informations scientifiques ou d’informations déformées. 

Pour en savoir plus : #OpenScience 

Cet appel s’inscrivait dans la lignée des travaux de l’UNESCO visant à l’élaboration d’une Recommandation de l’UNESCO pour la Science Ouverte. L’accord pour lancer des travaux en ce sens avait été donné par les États-membres le 8 octobre 2019 lors de la 40ème session de la Conférence Générale de l’UNESCO. Les 193 États membres s’étaient accordés pour développer un instrument international réunissant un ensemble de standards internationaux permettant de garantir une “science ouverte”. Cette recommandation, très attendue dans le contexte de crise sanitaire mondiale, devrait être adoptée en 2021. 

Pour aller plus loin … qui sont les peuples autochtones ? 

Détenant ou utilisant 22% des terres de la Planète, les peuples autochtones sont répartis sur l’ensemble des continents. Représentant 300 à 500 millions de personnes, ces peuples représentent plus de la moitié de la diversité culturelle du monde selon l’UNESCO. Parfois mal connus, de nombreux peuples autochtones souffrent de régulières violations de leurs droits fondamentaux. Les Nations unies et en particulier l’UNESCO s’engagent pour soutenir ces peuples et mettre en valeur l’importance de leur rôle dans la diversité du monde. 

Une Instance permanente sur les questions autochtones créée en 2000 se réunit pendant 10 jours chaque année, au Siège de l’ONU à New York pour aborder diverses questions liées à ces peuples à travers une thématique spécifique à chaque fois. 

La prise en compte des peuples autochtones dans le système onusien est croissante. Elle a notamment été marquée par l’adoption le 29 juin 2006 de la Déclaration des Nations unies sur les droits des peuples autochtones par la Résolution 61/295 de l’Assemblée Générale.

 

Théories du complot ?

Il y a près d’un an, la pandémie de Covid-19 plongeait le monde entier dans une incertitude d’une rare ampleur. Origine du virus, crédibilité des chiffres, traitement secret ou encore fiabilité des vaccins ont et font encore l’objet de controverses marquées. De même, ces thématiques ont alimenté le développement de diverses théories du complot dont la recrudescence a été identifiée dans le monde entier

Pour lutter contre la propagation de ces théories, l’UNESCO et la Commission européenne se sont associées pour lancer en août 2020 une campagne de sensibilisation en ligne. À travers dix infographies donnant des clefs d’identification et de neutralisation des théories complotistes, cette campagne cherche à sensibiliser et responsabiliser chacun et chacune d’entre nous, en particulier quant à notre rôle sur les réseaux sociaux. 

De fait, dans monde hyper-connecté, les informations sont parfois difficiles à trier. Cependant, vérifier la crédibilité et la fiabilité d’une information avant de soi-même la relayer est essentiel pour lutter contre la prolifération des théories complotistes, en particulier en ligne où elles touchent un public de plus en plus large. 

Un doute sur la fiabilité d’une information ? Ne la relayez pas ! 

#PenseAvantDePartager #ThinkBeforeSharing 

 

Si vous souhaitez sensibiliser à cette thématique : 

 Retrouver le guide de la Commission européenne 

Télécharger le pack de communication (disponible en 10 langues) 

 

Pour aller plus loin …  comment définir les théories du complot ? 

Loin d’être nées au XXIème siècle, les théories du complot sont des croyances attribuant à des événements une origine secrète résultant de l’action de groupes puissants, identifiables ou non, cherchant à obtenir ou conserver leur pouvoir. Autrement dit, là où les historiens identifient une multitude de causes aux événements, les partisans des théories complotistes identifient uniquement des manipulations de groupes donnés mûs par des intentions nuisibles visant à protéger leurs propres intérêts.  

 

Selon la Commission européenne, bien que les théories du complot soient très diverses, elles partagent toutes six caractéristiques. 

  1. elles font référence à une manipulation secrète
  2. elles mentionnent et identifient un groupe de conspirateurs 
  3. elles mettent en avant des éléments de preuve soutenant leurs thèses
  4. elles rejettent le hasard et les coïncidences 
  5. elles soutiennent que le monde est invariablement divisé entre le bien et le mal 
  6. elles désignent ouvertement des personnes ou des groupes de responsables 

 

Souvent propagées à partir de simples suspicions, ces théories se répandent de plus en plus facilement grâce à Internet et aux réseaux sociaux. Elles commencent généralement par éveiller la curiosité par une question très simple : qui profite de la situation actuelle ? . Une fois cette interrogation formulée, les conspirateurs sont rapidement identifiés et la théorie les accusant peut se répandre à une vitesse surprenante. 

Les théories du complot font l’objet de diverses études en sciences sociales qui cherchent notamment à comprendre leur construction et leur propagation mais aussi à identifier les personnes et groupes y adhérant à ces théories. En ce sens, plusieurs études ont montré que le succès de ces théories tenait en particulier à la rationalité proposée pour expliquer la réalisation d’événements difficiles. 

En général, les personnes relayant ces théories croient à leur contenu. Néanmoins, d’autres personnes peuvent les relayer dans le simple but de déstabiliser ou manipuler l’opinion publique ou des groupes plus identifiés. 

La popularité des théories du complot est aujourd’hui grandissante puisque nous vivons une période de grande incertitude dont l’origine reste peu et mal connue. Il est cependant plus que jamais nécessaire de lutter contre leur propagation en vérifiant les informations que nous relayons à notre propre échelle !  

Ensemble, soyons vigilants ! 

 

Dans les semaines à venir la Fédération vous invite à garder un œil sur … 

Le 24 janvier 2021 sera déroulera la troisième édition de la Journée internationale de l’éducation. Cette année les célébrations s’articuleront autour de la thématique « Relancer et redynamiser l’éducation pour la génération COVID-19 »

Restez connectés …

une édition spéciale de Fenêtre sur l’UNESCO consacrée à la Journée internationale de l’éducation arrive très prochainement ! 

 

Merci d’avoir consulté notre rubrique, à bientôt !