Fenêtre sur l’UNESCO #2

Journée mondiale de la tolérance, protection des biens culturels en période de conflit armé et promotion des objectifs des Nations unies pour le développement durable, quelles ont été les actualités de l’UNESCO la semaine dernière ? 

 

Célébration de la Journée mondiale de la tolérance 

Le 16 novembre 2020, l’UNESCO célébrait la Journée mondiale de la tolérance. Plusieurs manifestations ont été organisées à travers le monde pour rappeler l’importance de la tolérance, en particulier au cours de cette période marquée par la crise sanitaire exacerbant les différences et attisant l’intolérance. 

Il y a vingt-cinq ans était célébrée la première Journée mondiale de la tolérance instaurée par la Déclaration de principes sur la tolérance. Cette déclaration était elle-même adoptée à l’occasion de la célébration du cinquantième anniversaire de l’UNESCO. 

Conformément à l’article 6 de cette déclaration, cette journée est l’occasion de « mobiliser l’opinion publique, de souligner les dangers de l’intolérance » et de réaffirmer l’engagement des États et de l’UNESCO « en faveur de la promotion de la tolérance et de l’éducation à la tolérance  »

Cette année, l’UNESCO a organisé un Webinaire sur la Tolérance destiné aux jeunes du monde entier. Cet événement a été l’occasion pour les participants d’échanger avec des lauréats du prix UNESCO-Madanjeet Singh pour la promotion de la tolérance et de la non-violence. 

Notre article sur le Prix UNESCO-Madanjeet Singh 

 

Pour aller plus loin : Comment définir la tolérance ? 

Selon l’article 1.1 de la Déclaration de principes sur la tolérance de 1995,  « La tolérance est le respect, l’acceptation et l’appréciation de la richesse et de la diversité des cultures de notre monde, de nos modes d’expression et de nos manières d’exprimer notre qualité d’êtres humains. ». 

 

L’UNESCO propose l’envoi d’une mission d’experts sur le territoire du Haut-Karabakh pour protéger le patrimoine culturel

Le 18 novembre 2020, la Directrice Générale de l’UNESCO a reçu à Paris les représentants de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan auprès de l’UNESCO. Quelques jours après la signature de la fin des hostilités, la situation du patrimoine culturel du Haut-Karabakh est toujours très préoccupante. 

Cette rencontre a été l’occasion pour Audrey Azoulay de réaffirmer « la dimension universelle du patrimoine culturel, témoin de l’histoire et indissociable de l’identité des peuples, que la communauté internationale a le devoir de protéger ». Elle a également rappelé aux deux parties qu’elles étaient tenues de respecter la Convention de La Haye de 1954 pour la protection des biens culturels en cas de conflit armé ainsi que la Résolution 2347 (2017) du Conseil de sécurité des Nations unies du 24 mars 2016 condamnant « la destruction illégale du patrimoine culturel »

Dans une déclaration datée du 20 novembre, l’UNESCO a officiellement proposé d’envoyer une mission d’experts sur le territoire du Haut-Karabakh pour dresser un inventaire préliminaire des monuments et biens culturels à protéger avant d’organiser leur protection effective. Bien que la mise en place et la concrétisation de cette proposition soit loin d’être acquise, si le « concours technique » de l’UNESCO est accepté par les deux parties, ce serait la première fois depuis le début du conflit en 1988 que des experts du patrimoine culturel pourraient accéder à cette zone. 

Au cours des affrontements de cette année, l’armée de Bakou a repris la ville de Choucha, capitale de l’État auto-proclamé du Haut-Karabakh. La cathédrale arménienne Ghazanchetsots (Saint-Sauveur) de cette ville aurait à cette occasion été partiellement détruite par les bombardements azéris. 

 

L’UNESCO attribue des bourses à de jeunes scientifiques dans le cadre du Programme sur l’Homme et la Biosphère

Le Conseil international de coordination du Programme sur l’Homme et la biosphère de l’UNESCO (MAB) a nommé les lauréats 2020 des bourses visant à soutenir de jeunes scientifiques agissant pour le développement durable. Cette année, six jeunes scientifiques seront distingués pour encourager leurs travaux sur l’amélioration des relations entre les humains et les écosystèmes les entourant. 

Pour retrouver la liste des lauréats 2020 

Lancé en 1971, le Programme de l’UNESCO sur l’Homme et la Biosphère est un programme scientifique intergouvernemental conçu pour construire une base scientifique mondiale permettant d’améliorer les relations entre les individus et leur environnement. 

Depuis 1989, l’UNESCO attribue chaque année des bourses à de jeunes scientifiques pour les inciter à travailler sur la préservation des écosystèmes, des ressources naturelles et de la biodiversité en soutien aux 17 Objectifs du Développement Durable des Nations unies.  De cette manière, l’UNESCO cherche à encourager la recherche pour le développement de nouveaux modes de développement qui permettraient d’assurer la durabilité et la viabilité de la vie humaine et de la Planète. 

 

Pour aller plus loin : Découvrez les Réserves de Biosphères … 

Dans le cadre du Programme MAB, l’UNESCO labellise depuis 1971 certains espaces comme étant des “Réserves de Biosphère”. Il s’agit de « sites de soutien pour la science au service de la durabilité » et de « lieux d’apprentissage du développement durable ».  

Ces lieux identifiés par l’UNESCO permettent de développer et tester des approches interdisciplinaires pour assurer un développement responsable et durable. Autrement dit, ce sont des lieux qui apportent des solutions locales à des problèmes mondiaux. Ils cherchent à trouver un équilibre entre les systèmes sociaux et écologiques. 

L’intégralité de ces réserves sont réunies au sein du Réseau mondial des réserves de biosphère (RMRB). Il compte actuellement 714 Réserves  de Biosphères réparties dans 129 pays. À eux seuls, l’Europe et l’Amérique du Nord comptent 302 réserves réparties dans 38 États. Il en existe actuellement 14 en France. 

Pour retrouver les Réserves de Biosphère françaises 

 

“De l’importance de la philosophie en temps de crise” : thématique de la Journée internationale de la Philosophie 

La crise sanitaire actuelle entraîne, entre autres problématiques, une perte de repères pour les citoyens du monde entier. À l’occasion de la Journée mondiale de la Philosophie, l’UNESCO a tenu à rappeler l’importance de la réflexion philosophique pour faire face aux multiples défis auxquels le monde est confronté. 

Réfléchir ensemble à la signification de la pandémie de COVID-19 qui frappe actuellement le monde fait partie des engagements de l’UNESCO pour amorcer une sortie de crise dans des conditions acceptables. 

Parmi les événements organisés par l’UNESCO pour célébrer cette journée, plusieurs philosophes ont été invités à s’exprimer pour animer  “Une nuit avec les philosophes”. Un entretien vidéo a notamment été réalisé avec le philosophe et sociologue français Edgar Morin qui a pu partager ses réflexions sur la place de la philosophie dans nos sociétés actuelles face à la crise sanitaire. 

Entretien vidéo avec Edgar Morin 

 

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