Exposition : L’Afrique des routes au musée du Quai Branly

L’histoire à contre-courant

L’Afrique des routes ; Histoire de la circulation des Hommes, des richesses et des idées à travers le continent africain, Musée du Quai Branly, jusqu’au 12 novembre 2017.

 

« Nous avons besoin de l’histoire, mais nous en avons besoin autrement que le flâneur raffiné des jardins du savoirs. » – Nietzsche, De l’utilité et des inconvénients de l’histoire pour la vie.

Cette exposition a comme objectif de déconstruire les préjugés persistants concernant une histoire de l’Afrique qui, avant la colonisation, serait en marge ou inexistante.

L’expo riche du Quai Branly déconstruit également l’idée d’une histoire évolutionniste ou figée ; c’est une histoire en mouvement, fluide et dynamique, qui peut se caractériser par des échanges économiques, terriens, fluviaux, mais aussi des circulations de spiritualités, coutumes, idées ou objets ; à l’intérieur du continent ou à l’extérieur.

Et pour cause, Hérodote, au Vème siècle avant notre ère, mentionne déjà les échanges africains de sel et d’or dans le Sahara (L’Afrique des routes au cœur de l’histoire, Siegfried Forster, 20 février 2017). Avec 500 objets et 5000 ans d’histoires, l’exposition relate les différentes routes qui existait depuis le Vème siècle avant notre ère par un parcours fait de cartographies, d’objets pratiques, précieux et insolites, de peintures, sculptures et d’œuvres d’arts variées.

Avec ses différentes cartes et les objets archéologiquement déposées autour, on remarque par exemple comment la circulation des marchandises comme l’or existait bien avant la découverte des Amériques. Ces échanges d’or provenaient grandement d’Afrique, circulant via le Sahara et l’empire du Zimbabwe par l’océan Indien.

Et pour cause, Hérodote, au Vème siècle avant notre ère, mentionne déjà les échanges africains de sel et d’or dans le Sahara (L’Afrique des routes au cœur de l’histoire, Siegfried Forster, 20 février 2017).

Avec ses différentes cartes et les objets archéologiquement déposées autours, on remarque par exemple comment la circulation des marchandises comme l’or existait bien avant la découverte des Amériques. Ces échanges d’or provenaient grandement d’Afrique, circulant via le Sahara et l’empire du Zimbaoué par l’océan Indien.

Ici, l’œuvre de l’artiste Nigérien/Anglais, qui travaille sur la construction de l’identité en lien avec l’histoire coloniale et postcoloniale, dénonce l’arrivée des commerces textiles (et notamment du wax, ramené par les Hollandais) qui ont entériné les commerces traditionnels africains. Le bateau représenté est celui de « la Méduse », célèbre par le tableau de Géricault illustrant la catastrophe, qui a échoué à Saint-Louis-Du-Sénégal avant de se rendre à son port négrier de destination à l’île de Gorée.

Une histoire de la circulation donc, mais aussi bien dans l’exportation que dans l’importation, par exemple pour l’importation des perles d’Indes pour les parures et les monnaies d’échanges, ou encore de sel. Cette exportation peut aussi concerner les religions, qui ont pu être importé en Afrique et exporté aux Amériques par les esclaves.

Ainsi, dans cette vision à contre-courant des Afriques dynamiques, c’est également un nouveau chemin artistique et intellectuelle qui se dessine, chemin qui n’insiste ni sur l’histoire d’un point de vue occidentale, ni sur une histoire des classes opprimées, mais bien sur les actions, les richesses existantes et les objets et idées circulants, depuis plusieurs millénaires, sur le continent Africain et au-delà.

Diane TYBURCE,

Service Civique en mission à la FFPU pour la promotion de l’engagement citoyen